Le Sentier du Fer de Pinsot    

   étape 4     Les Fours à griller le minerai
 

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1. Ecurie à mules | 2-3. Abri & Pte Fosse | 4. Les Fours à griller | 5. La Grande Fosse | 6. Place charbonnière | 7. Halde & Regraine
8. La Forêt | 9. Four à deux voûtes | 10. Tranchée | 11. Ruines du Gd Champ | 12. Echelle du Temps |

13. Fosses à Marameille

Plan du site

 


    Cette page décrit le premier four à griller le minerai de fer rencontré sur le sentier. Un paragraphe différent montre d'autres fours situés hors sentier qui peuvent être de type et de taille différents.
 

 
 

Autres fours à griller, hors Sentier du Fer >>

 
 

  les photographies encadrées de bleu s'agrandissent en cliquant dessus.

 
   
 

- Les Fours à griller le long du Sentier du Fer
 

   En parcourant le sentier dans le sens Perchetan-Marameille et après l'abri du mineur [2,3], on rencontre le premier four à griller le minerai. Adossé à la pente il est construit en pierres soigneusement appareillées.
   Texte de la plaque : "La première étape de transformation du minerai se fait sur place dans un four à griller ou rafour. Il comporte un socle en pierres sèches appareillées formant un évent en trompe conique facilitant le tirage. Surmonté d'un foyer généralement circulaire, le fournelier le charge en alternant des couches de minerai et de bois. Le produit obtenu est descendu par mules aux haut-fourneaux du Bout du Monde ou de Pinsot."

  L'emploi du mot rafour avec un ou deux f correspondrait, à tort, à un usage local par analogie aux nombreux fours à chaux présents dans la région, en particulier dans la plaine du Grésivaudan. On trouve sur les cadastres la mention de ces fours à : Allevard, Bernin, Chapareillan, Crolles, La Pierre, Le Moutaret, Lumbin, St Maximin, St Nazaire, La Terrasse, Le Touvet, La Tronche, Uriage (1). Plusieurs auteurs donnent des étymologies concordantes pour ce mot. On trouve : "du gaulois ratis qui signifie "calcaire" et du latin furnus qui signifie "four" - "Les noms de Fournache ou rafour évoquent la cuisson du gypse et de la pierre à chaux" - Sur la commune de Pinsot nous ne connaissons que le lieu-dit : "Le Fournelet", d'ailleurs mentionné sur le cadastre. Dans le Dauphiné, le raffournier est l'ouvrier travaillant à un raffour creusé dans le calcaire.

 
 
 

   En étant sur le sentier et face au four on aperçoit la voûte en forme d'ogive dans le fond de laquelle on distingue tout d'abord une marche, puis une ouverture partiellement obstruée par un éboulement. Cette marche pouvait servir à soutenir le ringard utilisé par le fournelier pour faciliter l'évacuation des scories pendant le chauffage. Les fonctions de la partie conique sont multiples. C'est par cette ouverture que le feu était mis au charbon de bois. Elle assurait, de par sa forme, un rôle de Venturi* pour accroître le tirage. On suppose également qu'elle servait d'une part à évacuer les scories et d'autre part à récupérer la loupe de fer ou massot, amalgame restant au fond du four après refroidissement. Cette masse spongieuse, de couleur gris pâle, était ensuite cassée et transportée par les nombreux mulets qui assuraient le transport entre les sites miniers et les hauts fourneaux de Pinsot et d'Allevard.
Le four proprement dit se trouve derrière cette voûte. Il est de forme circulaire constitué par des parois en pierres. Nous ne savons pas si le fond du four était en dessous du niveau de l'ouverture ou au même niveau que celle-ci. Certains massots retrouvés sont de forme arrondie et de dimension importante ce qui rendait impossible leur passage par cette ouverture.
* Venturi : système convergent-divergent ou simplement convergent comme ici, qui fonctionne comme amplificateur de pression et donc de vitesse suivant la relation SoVo = S1V1 (o = conditions dans la section d'entrée de la voûte, 1 = conditions dans la section au niveau du foyer). L'emploi d'une telle disposition est particulièrement indiquée lorsque Vo est très faible. Dans le cas du four ci-contre on obtient très approximativement : V1 = 25Vo.

voûte en forme d'ogive vue depuis le sentier

 

 
   
 

coupe longitudinale du four d'après les connaissances en 2005

 

 
 

   

scories

 

vue de côté

vue de face

       

voûte inférieure du four ci-dessus  (hauteur = 2,30 m)

   
 

    Après l'étape "Halde et Regraine" [7] et en se dirigeant vers l'étape "La Forêt" [8] on aperçoit clairement la disposition du foyer circulaire par rapport au mur de soutainement en forme de fer à cheval dans l'épaisseur duquel se trouve l'évent.
La racine de l'épicéa qui épouse la forme du mur participe à la consolidation de la construction ... ou à sa destruction ...
Depuis la date de cette prise de vue l'épicéa et la racine ont été coupés.

 
     

four vu de dessus

   
           
 



REFERENCE :
(1) "Le Grésivaudan - Toponymie et peuplement d'une vallée des Alpes" - J. Bruno - 1977 - Imp. Guirimand - Grenoble.
 

   

 

      38580 PINSOT (Isère)      

  

  © Copyright Michel Raffin, texte et photos, tous droits réservés.  03.07.11